|
L'escroc aux voitures de location avait volé 20 millions d'euros
PRESSE
Descriptif du produit :
La longue cavale
d'un Français, recherché pour de multiples escroqueries à la vente de
voitures, vient de s'achever en Espagne.
Patrick Minguez, 51 ans, alias
Patrick Charrier, Patrick Pierre, Jacques Blondel ou Patrick Rey, a été
interpellé, mercredi dernier, à Madrid, par la police judiciaire
espagnole. L'homme qui faisait l'objet de deux mandats d'arrêt européens
se rendait à un rendez-vous avec une énième victime au moment de son
interpellation.
Originaire de Vaulx-en-Velin (Rhône) et déjà condamné à la fin des
années 1990 à quatre ans de prison ferme pour une série d'arnaques à la
vente de voitures, Patrick Minguez est soupçonné d'avoir escroqué une
dizaine de sociétés de location de véhicules en Espagne, en Italie, en
Belgique et en Pologne, ainsi que plusieurs mandataires français de
vente de voitures.
Le préjudice de cette escroquerie internationale est
estimé à près de 20 millions d'euros depuis 2006, date des premiers
faits. Durant cette période l'homme aurait réussi à vendre près de 1 000
véhicules de location dont il n'était pas propriétaire.
« Il leur a fait visiter des parcs entiers de véhicules qui ne lui
appartenaient pas »
L'histoire commence en mars 2006, avec le rachat d'une société près de
Barcelone, baptisée Arga Logistics, qui prétend être spécialisée dans la
location de voitures longue durée. Pour bâtir son fonds de commerce,
Patrick Minguez, qui travaille avec un prête-nom, commence par louer
légalement des véhicules à des sociétés connues.
Mais après avoir
constitué un stock important de voitures, il cesse de payer les traites
aux loueurs, et vend les autos à des mandataires français convaincus
qu'ils sont alors les seuls propriétaires des véhicules.
« Il prenait contact avec les revendeurs par fax avant de proposer des
prix bien moins chers que ceux du marché,
explique une source proche du dossier. Pour gagner rapidement la
confiance de ses victimes, il leur a fait visiter des parcs entiers de
véhicules qui, en réalité, ne lui appartenaient pas. »
En juin 2006 il a
déjà réussi à détourner une flotte de 735 voitures.
Saisis de l'enquête
par un juge d'instruction de la juridiction interrégionale spécialisée
(Jirs) de Nancy (Meurthe-et-Moselle), les gendarmes de la section de
recherches de Besançon (Doubs) multiplient alors les investigations. En
vain. Mais en décembre 2007, ils découvrent que Patrick Minguez a
reproduit son escroquerie espagnole à Florence, en Italie.
Concrètement : « Le patron de la société Vegant SRL, basée près de
Florence, prenait attache avec des grossistes français pour leur vendre
une importante quantité de voitures, relate un proche de l'affaire. Les
acheteurs ont d'ailleurs reçu les premières livraisons avec tous les
papiers en règle. » Minguez aurait ainsi écoulé 150 véhicules.
Dans les deux cas, l'escroquerie n'a pu être mise en oeuvre que grâce à
des complicités. En Espagne, Patrick Minguez aurait bénéficié de «
soutiens » au sein de plusieurs préfectures espagnoles afin d'établir de
vrais-faux dossiers.
En Italie, il se serait servi de « cartes grises vierges volées,
quelques mois plus tôt, dans diverses administrations transalpines »,
selon les enquêteurs. Patrick Minguez attend maintenant d'être jugé par
la justice espagnole avant son extradition vers la France.
|