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Traque aux faux permis de conduire
PRESSE
Descriptif du produit :
IL a le teint rose, les traits anguleux et l'allure officielle d'un
garde républicain. Il est surtout devenu le compagnon indispensable de
l'homme moderne. En France, plus de 900 000 permis de conduire sont
délivrés chaque année par les préfectures. Le tout, à grands frais
d'auto-école, même pour les budgets les plus serrés.
Résultat : quelque 400 000 personnes rouleraient à ce jour sans permis :
300 000 n'ayant jamais passé l'examen et 100 000 ayant perdu tous leurs
points ou ayant été sanctionnés d'une suspension ou d'une annulation.
Mais surtout, près de 3 millions de faux sésames roses, falsifiés ou
contrefaits, circuleraient sur le territoire hexagonal, selon le rapport
du député Marc Le Fur (UMP), remis à la commission des finances de
l'Assemblée nationale. Environ 30 000 exemplaires seraient ainsi mis en
circulation chaque mois, soit plus de 320 000 depuis le début de
l'année.
Formation spécifique
A l'heure du passeport biométrique, le permis de conduire demeure en
réalité le document officiel français le moins sécurisé. Il est
également le seul à ne pas détenir de date de péremption. Plus facile à
falsifier ou à contrefaire, il fait évidemment le bonheur des escrocs en
tout genre qui vont jusqu'à le revendre sur le Net. Un phénomène
inquiétant en pleine expansion, d'autant plus depuis la naissance du
permis à points, en 1992.
La France fait cependant partie des meilleurs pays au monde pour déceler les faux permis de conduire.
Au peloton d'autoroute (PA) de Reims, les gendarmes ont en tout cas de
quoi confondre les faux sésames les plus sophistiqués. L'un de ces
militaires a bénéficié d'une formation spécifique auprès des experts de
l'IRCGN, à Rosny-sous-Bois. D'un simple regard ou au toucher, l'adjudant
Claude Demoulin est capable de détecter la faille en quelques secondes,
en particulier lorsqu'il s'agit de permis falsifiés dont le résultat
est généralement de mauvaise qualité.
Pas un point de contrôle ne lui échappe, pas plus que les contrefaçons
de haute facture. Loupe éclairante, lumière rasante, éclairages UV et
infrarouge, pas un outil ne manque dans son bureau pour rivaliser avec
l'ingéniosité des faussaires les plus en pointe.
Même les modèles les plus difficiles à déceler comme les permis obtenus à
l'aide de faux documents et les permis vierges volés, ne sauraient lui
résister. L'accès à plusieurs bases de données, même sur le bord de la
route grâce à des connexions wifi, lui permet en effet, non seulement
d'établir des recoupements avec les triptyques volés et les différentes
administrations, mais aussi de comparer tous les millésimes et les
documents officiels du monde entier. «
Dans la Marne, ce sont surtout des faux permis et faux passeports
étrangers qui circulent », commente d'ailleurs le référent faux
documents du PA de Reims. La police de la Marne s'est aussi dotée de
moyens humains et technologiques pour lutter contre la prolifération des
faux permis de conduire et des faux documents en général.
Aux commissariats de Reims, Châlons-en-Champagne et Epernay, une
vingtaine de fonctionnaires sont formés en continu par des experts.
« Le problème est pris en compte depuis plusieurs années. A l'école, les
élèves sont déjà sensibilisés à la problématique. Des comités
opérationnels de lutte contre la fraude mettant en relation tous les
services de l'Etat, ont été mis en place pour plus d'efficacité. Depuis
cette année, il existe également dans chaque département, un policier
référent en la matière. » Aussi, depuis le début de l'année, la brigade
administrative a-t-elle épinglé dix détenteurs de faux permis de
conduire, la plupart à Reims et à Châlons-en-Champagne. En 2009, le
chiffre s'était élevé à 14, et 7 l'année dernière.
Défi permanent
Mais le défi est permanent. « Le truand va toujours trouver la parade,
souligne-t-on du côté de l'hôtel de police. Les technologies évoluent,
il faut qu'on s'adapte. »
C'est pourquoi l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) cherche en
permanence à élever les niveaux de sécurité. C'est déjà le cas avec le
passeport biométrique, les nouvelles cartes d'identité mais aussi les
nouvelles cartes de séjour et les cartes professionnelles des
chauffeurs-routiers, désormais à puce ou fabriquées en polycarbonate.
Le permis de conduire à puce, c'est d'ailleurs pour 2013. Fini le fameux
triptyque rose en papier cartonné, dont la première mouture date de
1899. Il devrait être plus difficilement falsifiable. « Des experts y
parviendront sans doute, note-t-on cependant du côté de la police
marnaise. Mais cela permettra au moins d'éliminer le menu fretin. »
Franck BRENNER
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