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Un employé de la préfecture écroué pour trafic de documents
PRESSE
Descriptif du produit :
Point de départ de l'affaire : début juin
en Algérie, deux personnes s'apprêtent à prendre l'avion pour venir en
France. Mais en épluchant leurs bagages, les policiers découvrent des
titres de séjour français, délivrés par la préfecture de la Loire.
C'est là que quelque chose cloche. Car ces personnes
n'avaient, jusqu'alors, jamais quitté le territoire algérien. Or, pour
obtenir ces documents, il faut obligatoirement faire une demande… en
France. Les policiers alertent donc leurs homologues français car,
manifestement, les deux personnes se sont procuré les papiers de manière
frauduleuse.
L'antenne stéphanoise de la Police judiciaire (PJ) est
saisie du dossier. Le temps de se faire transmettre lesdits documents,
de procéder à un certain nombre de vérifications, les semaines passent.
Mais les soupçons se concentrent autour d'un homme : un employé de la
préfecture affecté à la délivrance de ces documents.
Interpellé fin octobre, il reconnaît avoir fait parvenir
ces deux titres de séjours aux intéressés. « Il affirme l'avoir fait
dans un but humanitaire… » déclare le procureur de la république Jacques
Pin. Une version plausible, des affaires de la sorte ayant déjà éclaté
par le passé, avec des personnes animées par une volonté d'aider les
étrangers à pouvoir entrer sur le sol français (voir ci-dessous). Mais
une version qui ne convainc pas totalement les enquêteurs, qui cherchent
à établir s'il a pu monnayer l'obtention de ces documents. « Ce qui
n'est pas avéré pour l'instant », précise le procureur.
Deux questions se posent maintenant : cet employé a-t-il
agi seul ? « Vraisemblablement » affirme le magistrat. Aucun autre
employé du service préfectoral n'a été inquiété. L'autre question est de
savoir s'il a délivré d'autres documents de manière frauduleuse. «
C'est tout l'objet des investigations » ajoute Jacques Pin.
Une quarantaine de dossiers seraient actuellement épluchés
par les policiers de la PJ. « Ce qui ne veut pas dire qu'il en a délivré
quarante de façon illégale » précise le procureur. « Il y en a même
sûrement qui ont été accordés dans les règles. Mais il faut tout
éplucher pour s'en assurer ». L'enquête s'annonce donc longue et
minutieuse.
En attendant, le suspect a été suspendu dans un premier
temps, puis mis en examen pour « délivrance indue de documents
administratifs », et placé en détention provisoire.
Le préfet Pierre Soubelet regrette que cette affaire vienne
ternir la réputation de ses services. « Je ne souhaite pas m'exprimer
sur le fond de l'affaire car la justice a été saisie » nous a-t-il fait
savoir hier. Tout juste précise-t-il que cet employé, « présumé innocent
tant qu'il n'est pas jugé », était présent dans ce service « depuis
plusieurs années », et qu'il était « jusqu'alors bien noté ».
Jean-Hugues Allard
Source : LE PROGRES
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