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Un million d'euros détournés grâce à des faux permis
PRESSE
Descriptif du produit :
Depuis mardi et jusqu'à jeudi, le tribunal correctionnel de Grasse
juge quinze hommes impliqués dans un vaste trafic de faux papiers,
perpétré entre 2008 et 2011. À la tête de cette organisation structurée,
trois d'entre eux, Bensaya, Mustapha et Miguel, apparaissent être les
acteurs principaux. Les trois dans le box et les dix sur le banc ont
proposé, mardi, une véritable partie de ping-pong. Les intéressés se
renvoyant la balle des accusations.
L'enquête confiée au
Groupement d'intervention régional de Nice (unité alliant gendarmerie,
police et administration fiscale) a été possible grâce à un banal
contrôle routier et à un renseignement émanant de la préfecture. Un des
agents s'étonnant du nombre de conversions douteuses de permis de
conduire portugais.« La législation européenne permet, dans un certain délai, de transformer un permis étranger en permis français », précise le procureur de la République, Jean-Louis Moreau.
Crédits à la consommation
Pléthore
de faux documents administratifs fournis par Miguel et Mustapha, selon
leurs déclarations, ont permis d'ouvrir des comptes en banque. «
L'idée comme vous l'avez si bien expliqué face aux enquêteurs, c'était
d'ouvrir des comptes grâce à des personnes réelles afin d'obtenir des
crédits à la consommation. Puis l'argent était dépensé à outrance »,
résume, habilement, le président Marc Joando, malgré la complexité du
dossier. Pour ce faire, ils «recrutaient» des personnes solvables. Carte
bancaire et chéquier en main, un partage s'opérait. « J'ai pu acheter dix véhicules en cinq mois grâce à ses identités. Puis après je les revendais rapidement »,livre difficilement, à la barre, Mustapha.« À votre stade on ne parle plus d'artisanat mais d'industrie », lance Marc Joando. « Mon snack marchait mal, je me suis lancé là-dedans », enchérit Bensaya.
À Saint-Laurent du Var
Cette
activité souterraine va générer des gains considérables. Les réserves
de crédits constituées dans des hypermarchés et foultitude d'enseignes
azuréennes vont permettre de détourner presque un million d'euros. «
Une vingtaine de voitures, du matériel hi-fi en tout genre, des chariots
de course vont agrémenter le quotidien. Vos petits appartements étaient
luxueusement suréquipés au regard des revenus déclarés », constate le président.
Mario, un autre prévenu, va être l'agent de Mustapha. « Je lui ai présenté des personnes susceptibles d'être intéressées par le trafic », détaille ce dernier. Un trafic ciblé essentiellement à Saint-Laurent-du-Var, aux HLM du Point-du-jour. « On chargeait tout le matériel acheté, dans un camion et on revendait à des prix attractifs souvent aux gens du quartier », raconte un prévenu, ancien SDF. « Le fameux tombé du camion »,
ironise le procureur, las, d'entendre des versions contradictoires au
fil des débats. Lors des perquisitions, ce sont également des camions
qui ont été réquisitionnés pour emporter les scellés.
Dans le garage de Miguel, le parfait attirail du faussaire a été retrouvé. « Je les fabriquais pour aider mes amis portugais »,
tente de se défendre le trentenaire. Une version du «bon samaritain»
assez bancale. De la simple facture d'électricité aux fausses fiches de
paie, tout se monnaie. Et à bon prix. Il faut compter trente euros pour
une facture d'électricité et environ 1500 euros pour un faux permis.
Autre
volet de l'affaire : un trafic de cocaïne et de cannabis que Mustapha
organiserait dans le magasin de canapé dans lequel il était employé. Les
déclarations des co-prévenus tentant de dédouaner leur complice. « Je n'ai vu que 800 grammes de cannabis »,
appuie l'un d'entre eux, visiblement en accord avec les autres
prévenus. Pourtant, les écoutes téléphoniques et les investigations font
état de plusieurs kilos. Une affaire dans l'affaire qui ne fait
qu'accabler Bensaya et Mustapha.
Poursuites des débats
aujourd'hui, avec les réquisitions et une succession de plaidoiries,
puisque pas moins de dix avocats vont prendre la parole.
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